Un « non » unanime de la science à l'interdiction de l'expérimentation animale et humaine

Ensar  - Kampagnenteam
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18 January 2022 Temps de lecture: 2 minutes
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Gruppe von Wissenschaftler

Lors de leur conférence de presse du 13 janvier, des scientifiques de renom ont pris clairement position contre l'initiative visant l'interdiction de l'expérimentation animale et humaine. Outre l'association des hautes écoles swissuniversities et le Conseil des EPF, le Fonds national suisse (FNS), l'association Médecine Universitaire Suisse, le Centre de compétence suisse 3R, la Conférence des professeurs d'université Swissfaculty, les Académies suisses des sciences, Jeune Académie Suisse ainsi que l'Association des étudiants en médecine étaient tous représentés. La recherche sur les animaux et les êtres humains a été abordée sous différents aspects et a fait l'objet de discussions approfondies. Le verdict des chercheurs a été sans appel : L'initiative est dangereuse et doit être clairement rejetée.

Selon Michael Hengartner, le président du Conseil des EPF, l'initiative est un autogoal !

Michael Hengartner, le président du Conseil des EPF, a commencé par s'exprimer clairement au sujet de l'initiative. Il a qualifié le projet d' « autogoal pour nous et nos enfants » et a fait remarquer qu'il était impossible de développer de nouveaux médicaments sans expérimentation animale et humaine. Il n'est, actuellement, scientifiquement pas possible de remplacer complètement les expériences sur les animaux. Il est encore moins possible de se passer d'études cliniques. Yves Flückiger, recteur de l'Université de Genève, a souligné que l'on ne peut déjàrecourir à l'expérimentation animale que s'il n'existait pas d'alternative. Aujourd'hui déjà, les chercheurs sont tenus de respecter les normes éthiques les plus strictes. Bertrand Levrat, président d'Unimed Suisse, a mis en garde avec insistance contre une perte considérable de qualité et de sécurité dans les soins de santé suisses si l'initiative était acceptée. Une médecine à deux vitesses, où les personnes aisées se feront soigner à l'étranger, serait alors inévitable. Les effets dévastateurs sur la santé publique seraient inacceptables, s'accordent à dire tous les chercheurs.

Le président du FNS, Matthias Egger, estime que la recherche et la place d'innovation suisses sont menacées

Ce n'est pas seulement le système de santé qui est menacé, a souligné le président du FNS Matthias Egger, mais aussi le pôle de recherche et d'innovation suisse. Avec une interdiction totale, la Suisse perdrait le contact avec la recherche internationale. On veut cependant travailler à réduire encore le nombre d'expériences sur les animaux. C'est pourquoi un programme national de recherche a été lancé l'année dernière dans ce but. Le président des Académies suisses des sciences, Marcel Tanner, a évoqué la responsabilité internationale de la Suisse vis-à-vis de l'étranger. Grâce à ses innovations, la Suisse contribue à atténuer et à éviter de nombreuses problématiques au niveau international. Mais l'initiative ne permettrait plus d'assumer cette responsabilité.

Les chercheurs ont fermement rejeté l'affirmation du comité d'initiative selon laquelle l'expérimentation animale n'est pas une méthode appropriée pour la recherche sur les maladies et les thérapies. Les preuves scientifiques sont claires, a déclaré Egger.

Vers le communiqué de presse de swissuniversities.